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Voitures Autonomes : Premier Accident Mortel Pour Uber

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Dimanche soir, une voiture autonome Uber a percuté et tué une femme en Arizona. Il s’agit du premier accident mortel impliquant un véhicule autonome sur une route publique et il risque de faire grand bruit devant les tribunaux et dans l’opinion publique, car le c’est premier cas impliquant un véhicule autonome, une technologie encore méconnue du grand public et toujours en attente de réglementation.

Selon la police de Tempe, le véhicule, un SUV Volvo XC90, fonctionnait en « mode autonome » avec un « chauffeur de sécurité » à son bord au moment de l’accident. Elain Herzber, 49 ans, marchait à côté de son vélo dans la rue, en dehors d’un passage piéton, lorsque le véhicule l’a renversée.

Uber a déclaré avoir suspendu les essais de ses véhicules autonomes à Tempe, San Francisco, Toronto et Pittsburgh : « Nos pensées vont vers la famille de la victime. Nous coopérons avec les autorités locales pour l’enquête », a déclaré la porte-parole d’Uber, Sarah Abboud.

Volvo a fourni le véhicule et Uber a procédé aux modifications en matière d’ingénierie et de logiciels sur la voiture en question. Les deux entreprises, ainsi que le département américain des transports, analyseront les données de l’accident enregistrées sur les ordinateurs embarqués du véhicule.

 

Que vous le vouliez ou non, les véhicules autonomes feront partie intégrante de notre futur

Absolument tous les constructeurs automobiles, en plus des entreprises spécialisées dans la tech comme Apple ou Google, testent actuellement la conduite autonome et pensent que ce concept atteindra sa maturité en 2025. Aujourd’hui, l’idée que cette technologie puisse diminuer le nombre d’accidents est bien répandue. En effet, la synchronisation des technologies permet d’obtenir un temps de réponse moins important que celui d’un humain en cas d’urgence.

De son côté, Uber teste des voitures et des SUV, mais aussi des semi-remorques. Les camions Uber transportent des marchandises sur les autoroutes d’Arizona depuis l’an dernier, ils circulent cependant avec un chauffeur au volant. Mais Uber précise bien que son objectif à long terme est de ne plus avoir besoin de chauffeur en cabine. L’entreprise a d’ailleurs récemment publié une vidéo dans laquelle elle précise ses objectifs en matière de conduite autonome pour ce genre de véhicules.

Elle explique étape par étape aux conducteurs le fonctionnement des technologies sur lesquelles repose la conduite autonome : la technologie anticollision qui se sert des caméras, des capteurs et freine pour détecter automatiquement les objets fixes, les autres véhicules ou les piétons, le régulateur de vitesse intelligent qui maintient les distances de sécurité par rapport aux autres véhicules, la technologie de franchissement de ligne qui repère les lignes sur la route et qui alerte le conducteur lorsque le véhicule dévie de sa trajectoire, etc.

L’accident qui s’est produit à Tempe pourrait constituer le premier cas juridique des véhicules autonomes, si la famille de la victime décide de porter plainte. Selon des avocats, cela représenterait un défi pour le tribunal : « Il n’est pas possible d’établir des parallèles avec le domaine des technologies émergentes ou de la propriété intellectuelle où la sécurité publique est en jeu », explique Max Sneyd, associé du cabinet d’avocats Kerr Russel à Detroit.

L’accident de Tempe représente la première victime d’un véhicule autonome sur une voie publique, mais il ne s’agit pas du premier décès impliquant une voiture autonome. En 2016, un habitant de Canton dans l’Ohio, âgé de 40 ans, avait trouvé la mort dans un véhicule de la marque Tesla qui fonctionnait en mode automatique. Les enquêteurs ont acquitté Tesla, estimant que la Model S ne présentait pas de défaut ayant pu faire l’objet d’un rappel par la marque. Mais les régulateurs ont déclaré que la confiance aveugle du conducteur dans la conduite autonome avait provoqué l’accident mortel.

D’ailleurs, des utilisateurs de véhicules autonomes se plaignent que certaines technologies de conduite autonome, comme l’alerte de franchissement de ligne, soient trop intrusives et interfèrent trop souvent avec leur conduite. Au contraire, d’autres conducteurs ne jurent que par elles. Elles pourraient permettre aux conducteurs âgés de ne pas perdre en mobilité malgré une diminution de la vue et des reflexes.

Des recherches sont toujours en cours au sujet des interactions entre les humains et les voitures autonomes et nous avons encore énormément de choses à apprendre. Anuj Pradhan, chercheur assistant à l’institut de recherche du transport U-M, étudie l’influence des facteurs humains sur les véhicules autonomes. Il participe actuellement à des recherches concernant la confiance des piétons envers les véhicules autonomes.

« Le problème principal, ce sont les interactions entre le véhicule autonome et les autres usagers de la route. Il s’agit d’un problème majeur qui est toujours à l’étude, précise-t-il. Le véhicule autonome doit deviner les intentions des piétons à partir d’informations très limitées, comme sa vitesse de déplacement, sa direction, sa démarche et beaucoup d’autres facteurs. Un conducteur humain peut deviner assez facilement les intentions d’un piéton, mais ce n’est pas le cas d’un véhicule autonome ».

 

Les utilisateurs semblent raffoler des technologies de conduite autonome

La société d’investissement et de conseil AlixPartners a récemment publié les résultats d’une étude démontrant que presque 30 % des consommateurs sondés se considèrent susceptibles d’acheter un véhicule autonome, et 49 % de ceux qui ont déjà testé ce genre de technologies affirment avoir eu une expérience positive.

Mais les consommateurs doivent également savoir quel type d’entreprise est digne de confiance pour le développement de cette technologie. Selon le sondage d’AlixPartners, 50 % des consommateurs font davantage confiance aux entreprises de la tech (comme Google ou Apple). Les constructeurs automobiles ne sont qu’à 14 % d’opinion favorable alors que les entreprises de transport comme Uber ou Lyft ne sont qu’à 1 %.

Uber est déjà très controversée à cause des bouleversements qu’elle a provoqué dans le monde des taxis, des problèmes de sécurité en lien avec l’emploi de conducteurs inexpérimentés et une politique managériale douteuse de la part de son fondateur Travis Kalanick, qui a d’ailleurs dû démissionner de son poste de PDG. Son remplaçant, Dara Khosrowshani, a du pain sur la planche pour résoudre tous ses problèmes, auxquels vient de s’ajouter cette tragédie.

Forbes

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